A toi au jour le jour

Chronique au jour le jour d'une soumission

vendredi 6 avril 2007

Câlins gratuits.....

Posté par Christine_C à 12:49 - A celui qui fut mon Maître et amant - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 20 novembre 2006

Je pars

Le texte qui suit, je l'ai écrit et publié sur Rêves de femme en Avril 2004. Il prend aujourd'hui toute sa signification.
Alors, je vous le donne à lire car c'est ainsi que je suis.

*****



possessionGamine, je rêvais du prince charmant qui viendrait m'enlever sur son fier destrier et me chérirait et me protègerait toute notre vie durant. Un homme fier et solide à qui je ne pourrais résister et qui serait pour moi à la fois le père que je n'ai jamais eu, l'époux attentionné et l'amant fougueux. Déjà, je me voyais avec lui bravant mille dangers  et vivant une vie aventureuse protégée par  notre amour.

Les années passant, mes ambitions se sont amoindries. Le prince charmant sombre et ténébreux est devenu un simple mortel et peu à peu je me suis caparaçonnée dans une cuirasse qui me protégeait de la froide réalité du quotidien qui n'a rien à faire des princes charmants. La femme fragile de mes rêves de gamine est devenue une femme déterminée et indépendante. Autonome et faisant fi de toutes contraintes. Une femme fière de sa liberté qui n'était en fait qu'un paravent jeté entre la réalité et les rêves déçus de la jeune fille qu'elle avait été.

Pourtant je me languissais, dans le secret de mon cœur, de mon prince charmant qui viendrait, enfin, me délivrer de mes fades amourettes qui n'étaient que feux de paille vite éteints alors que je rêvais d'incendies incandescents qui m'embraseraient toute entière. Mais cela était toujours pareil. L'homme arrive sûr de lui, de son pouvoir. Etreintes éphémères. Sa queue en moi qui s'immerge au fond de mon vagin. Quelques cris qui le rassurent dans sa virilité. Et puis... rien.....

Alors je me suis inventée un monde à moi empli des fantasmes les plus fous et les plus improbables. Je m'inventais au gré de mes rencontres des histoires d'amour fou et débridé que je gardais soigneusement cachées. Combien d'hommes m'ont ainsi accompagnée sans se douter qu'ils jouaient le rôle d'un héros. Je les sentais venir sur moi, m'écraser de leur poids. Alors je fermais les yeux et je m'imaginais écartelée, violée, hurlante de désir.

Les années ont passé et aucun fier cavalier n'est venu m'enlever à la triste routine qui engluait mes jours et mes nuits. Je restais libre. Désespérément libre. Esclave sans maître. Pourtant ce héros existait qui saurait me délivrer de moi.. De cela j'étais persuadée. Peut-être celui-là sera-t-il assez fort ou bien cet autre? Mais chaque fois le rêve vole en éclat et la réalité me ramène sur terre.

J'ai aujourd'hui passé la cinquantaine et si je n'ai toujours pas trouvé mon héros, il vit malgré tout en moi. Je lui ai donné, à force de constance et de persuasion, une existence. Il vit à travers le regard que portent sur moi tous ces hommes à qui je me donne. Celui-là a sa prestance. Cet autre son autorité. Ce troisième sa tendresse et celui-ci enfin sa violence. Je continue inlassable ma quête impossible et me fourvoie dans des chemins sans issue. La rage me gagne. Je me hais pour ce rêve absurde que j'ai chevillé au cœur. Alors, pour me punir, je m'aventure dans des contrées étranges. Je deviens celle que je ne suis plus. Celle que je n'ai jamais été et ne serais jamais. La soumise, l'esclave.

Pour parfaire l'image de la parfaite soumise, j'épile mon corps ôtant soigneusement toute pilosité disgracieuse. Je dis épiler et non raser. Malgré la douleur que cette opération suscite surtout lorsque j'atteins la zone ultra sensible de mes petites lèvres et encore plus peut-être la peau fripée qui entoure mon anus, elle seule permet de conserver à ma peau toute la douceur que je juge indispensable. Minutieusement, une fois par semaine, je fais passer sur mon corps l'épilateur arrachant sans aucune pitié le moindre petit poil. Pour être certaine du résultat, je m'assieds jambes grandes ouvertes devant le grand miroir de ma chambre, une lampe dirigée vers mon sexe et inlassablement je promène l'épilateur sur lui, étirant bien la peau pour atteindre les moindres replis où pourrait se cacher un poil. La peau de mes aisselles et de mon sexe est ainsi aussi lisse qu'au jour de ma naissance. Je passe parfois sur moi une main hésitante m'émerveillant de la douceur troublante de ma peau que j'amplifie encore à l'aide de crème onctueuse et parfumée. Mon corps ainsi dépoilé est vraiment nu. Vulnérable. Sans plus rien pour le protéger et le cacher.  La fente de mes lèvres bien dessinée entre mes cuisses. Flèche magique qui indique sans ambiguïté le passage vers l'antre humide de plaisirs ineffables. Je me regarde ainsi dans le miroir qui me renvoie l'image ambiguë d'une femme aux formes pleines et opulentes mais au sexe glabre d'une enfant. Sur mon épaule gauche, j'ai, tatoué, une salamandre dont la queue ondulante se love sous mon aisselle et dont le corps est formé d'un masque. Ce masque derrière lequel j'avance cachée et pourtant découverte. Mes seins sont percés. Une tige d'argent transperce mes mamelons rendant plus émouvante leur tendre fragilité. Parfois, j'orne la tige d'un anneau crénelé qui sertit mes tétons fièrement érigés. Je vais ainsi l'été à la plage, exhibant sans aucune honte ni pudeur mon corps orné de ces marques de soumission que je m'impose et qui attirent irrésistiblement les regards. Regards curieux et intéressés des hommes. Regards désapprobateurs des femmes. Mais je m'en fous.  Je suis à qui veux me prendre. Corps disponible. Corps qui veut jouir. Corps à prendre.

Libre de mes jouissances et maîtresse de mes plaisirs, je me donne à qui je veux. Ils me prennent pensant me dominer. Moi, je ne veux rien d'autre que l'exaspération d'une impossible domination qui sans cesse se refuse à moi.

Je multiplie les aventures passant allègrement et sans aucun remords d'un à l'autre. Je me laisse enchaîner, lier, humilier. Je me plie à leur désir de brute. Consentante et soumise. Ils me prennent par tous mes orifices que je leur offre sans vergogne, usent de ma bouche comme d'un réceptacle à leur jouissance dont je me délecte. Allez, usez et abusez de moi. Je suis votre chienne, votre pute, votre amante. Je suis une salope lubrique. Je suis ce que vous voudrez que je sois pendant ce bref instant où je me donne à vous. Allez, n'ayez aucune crainte. Lacérez mon corps sous vos coups de bites en folie, faites rougir et brûler mes fesses  de vos mains qui s'abattent en cadence. Empoignez mes cheveux et relevez mon visage ruisselant de larmes de joie et usez de ma bouche que tord un sourire lascif. Faites-moi plier et vibrer sous votre joug que j'appelle de tout mon être. Laissez-moi vous supplier de cesser de me torturer. Laissez-moi vous supplier de ne pas cesser. Engouffrez-vous dans mon vagin détrempé, dans mon cul béant que je tends vers vous. Je veux sentir votre foutre goutter au fond de ma gorge, dégouliner en filament iridescent entre mes seins. Pissez sur moi. Jet infamant entre tous qui me rabaisse au plus bas niveau d'une déchéance acceptée et voulue.

Violence que je m'impose qui me fait oublier toute fierté.

Je m'agenouille, offre ma croupe à l'Homme pour qu'il me sodomise. Non le mot est trop policé pour retranscrire ce que je veux vraiment. Je veux qu'il m'encule. Qu'il me  mette sa queue bien profond au fond de mon cul. Mouvement surpris de sa part à la crudité de mes mots. C'est la première fois que nous sommes ainsi. Que je me donne à lui. Rencontre de hasard. Comme je les aime. Mes mains sont posées sur mes fesses que j'écarte pour lui ouvrir grand le passage. Nul besoin de préliminaire. Désir brut qui exige l'assouvissement des sens. Je le sens s'affairer. Ecarter plus encore mes fesses et s'engouffrer d'un seul mouvement de ses hanches en moi. Je hurle de douleur, de plaisir. Je me débats. Je deviens femelle en rut qui appelle le mâle. J'en veux plus encore. Je veux me vautrer dans cette infamie qui seule me donne l'impression de vivre. Maître, Monsieur. Je suis votre chienne soumise. Chienne en chaleur qui n'a d'autre exigence que d'être prise et emplie. A plaisir j'exacerbe par mes rires votre colère. Je me moque de vous. De votre manque de vigueur. De votre pusillanimité à me prendre. N'êtes-vous donc capable que de cela?

Ecartelez-moi sur ce lit de supplices dont je suis la souveraine. Enculez-moi. Inondez mon cul de votre foutre. Enserrez mes seins de liens à les faire éclater comme des fruits trop murs. J'aime la couleur violacée qu'ils prennent alors. Leur dureté de marbre. Liez mes mains pour m'empêcher de me défendre de vos coups. Insultez-moi. Abreuvez-moi de mots offensants et obscènes. Profitez de ce moment que je vous offre. Maître, je suis votre esclave. Profitez de ce moment que je vous donne, de cette liberté que je vous octroie d'user de moi à votre guise.

Mes cuisses s'écartent largement sur mon sexe que j'offre à votre concupiscence, à votre exaspération de ne pas avoir réussi à me faire plier et chacune de vos claques sur mes fesses offertes exprime la rage de ne pas avoir réussi à me soumettre.

Vous êtes debout devant moi. Incrédule, vous me regardez vous défier du regard. Docile mais pas asservie. Mon arrogance vous enrage. Cela ne suffit donc pas? Non, cela ne suffit pas. Vous vous rapprochez. Au fond de vos yeux, où toute indulgence a disparu, brillent une lueur cruelle et dure. Un frémissement me parcourt à cette lueur noire d'orage. Je veux votre violence poussée à son paroxysme. Durement, vous tordez mes bras en arrière et les liez. Je serre les lèvres pour ne pas gémir. Je ne veux pas vous faire l'offrande de ma faiblesse. Pas encore. J'attends de savoir si vous le méritez. Je sens la corde s'incruster profondément dans la peau de mes poignets, de mes seins, autour de mon ventre. La corde s'enroule, m'enserre. Mon regard vous défie encore alors que vous m'administrez une première gifle en aller retour qui retentit en moi comme le glas de mon indépendance. La douleur explose dans ma tête en  mille étincelles lumineuses. Mais mes yeux ne cillent pas. Je les sens étinceler. Je ne me soumettrai pas. Pas encore. Une nouvelle gifle retentissante. Je sens mes joues cramoisir et un goût de sang emplir ma bouche. Vous attachez la corde à la poutre du plafond, mon buste penché en avant qui tire de tout son poids sur mes bras douloureusement tordus en arrière. Mais vous n'avez cure de la souffrance que vous m'infligez en m'immobilisant dans cette position qui fait naître dans mes muscles des élancements insoutenables. Je relève le visage et vous regarde maintenant avec reconnaissance. Des larmes perlent à mes paupières. Des larmes de joies. Des larmes de peine. Ou d'espoir. Des larmes de douleur. Des larmes de soulagement. Je me dis que peut-être ma quête touche à sa fin. Un long moment vous me laissez ainsi dans cette position qui enflamme chacun de mes muscles mais qui fait naître en moi un sentiment de bonheur inextinguible. Souffle brûlant du désir qui m'embrase soudain alors que vous m'observez sans aucune pitié. Seul mon souffle rompt le silence qui nous enveloppe. Vous vous approchez votre queue fièrement tendue devant vous. Lentement, vous la faites se promener sur ma chair frémissante, exaspérant mes sens. Désespérément, je tends mes lèvres pour saisir ce fruit objet de toutes mes convoitises qui sans cesse m'échappe. Mais je ne vous supplierai pas non. Je ne vous offrirai pas le plaisir de ma rédition. Pas encore. Aucun gémissement ne m'échappe. Les minutes s'égrènent avec une lenteur désespérante. Mon corps n'est plus que brûlure flamboyante. Vous marchez de long en large devant moi. Insensible. Un fouet à la main dont vous faîtes balancer les lanières devant mes yeux obscurcis de larmes que je n'arrive plus à retenir. Avec une insoutenable lenteur, votre bras se relève. Vous faites durer cet instant magique d'avant la foudre. Mon esprit s'enfièvre. Mon corps se tend. Hurlement sans fin alors que la lanière retombe et m'embrase. Combien de fois? Je ne sais plus. Je hurle. Je vous insulte. Attisant votre rage. Je veux cette rage qui se fait l'écho de ma propre rage. Je veux qu'elle explose. Je la fais mienne. Je vous donne ma rage de n'être plus rien qu'un corps gémissant.

Je sens votre violence qui se déchaîne sur mes fesses, sur ma taille, sur mon dos. Elle me brûle, elle me déchire, elle me transperce. Et je jouis. Me riant de votre incompréhension vous qui croyiez me dominer alors que je me joue de votre désir. Je suis toute puissante alors que les coups pleuvent sur mon dos et me lacère en un déluge de feu. Cravache, martinet, fouet. Plus fort. Laissez sur mon dos la marque incandescente de votre violence dérisoire. Zébrures rouges que je porterai comme un trophée. Je n'ai pas peur de la souffrance elle seule me permet de me sentir vivante. La douleur est partout, la souffrance nulle part. Allez-y encore et encore. Je tends mes seins vers la morsure du cuir. Faites moi hurler sous vos coups de ceinture.

Je tombe à genoux, ivre de jouissance, alors que d'un mouvement brusque, vous me déliez. Je relève le buste, fière d'avoir traversé cette épreuve. Je vous regarde avec défi, avec reconnaissance, le sourire aux lèvres. Lentement, mes doigts frôlent les lacérations qui marquent mon corps d'une couleur pourpre. Je frémis sous la brûlure qui vibre.

Le corps rompu, je m'incline alors à vos pieds que je lèche avec dévotion. Je me complets dans cette soumission que je vous offre avec ravissement.

Je me relève sereine. Le corps rompu et fourbu. Mille élancements me transpercent. Je suis bien. Enfin libre.

Je pars.

 

.....Maître je ne suis pas de ses apparitions,
Et me suis fait l'esclave de la voix qui me hante.
Le souffle court j'invoque la nouvelle possession
Qui me délivrera de cette longue attente.

Même si je sais qu'au fond ce n'est rien qu'une voix,
Je ne puis m'empêcher d'implorer sa venue.
Mon désir enflammé pose l'esquisse d'un nu
Dans la fresque sonore où je plonge et me noie.

La voix
Album "Crises de lucidité" Eros Necropsique
www.erosnecropsique.net

Posté par Christine_C à 18:28 - A celui qui fut mon Maître et amant - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 9 octobre 2006

Lettre à Alain

Toute histoire a une fin et la nôtre, du moins telle que nous l'avons vécu jusqu'à maintenant, paraît à son tour arriver à son terme. Aussi, j'ai décidé, tu connais mon goût pour l'écriture, de t'écrire cette lettre.

Pas tout à fait 9 mois que nous nous connaissons. 9 mois. Le temps d'une gestation. Le calendrier a parfois d'étranges hasards. Mais nous n'aurons, en ce qui nous concerne, accouché qu'une d'une histoire morte-née. Disons plutôt, c'est moins morbide, c'est l'histoire de l'éléphant qui a accouché d'une souris.
C'est triste mais c'est ainsi!
Pendant ces 9 mois, nous avons fait connaissance, nous avons appris à nous connaître, à nous re-connaître serait le terme plus exact tant il nous a semblé être immédiatement connecté par une entente qui dépassait la simple complicité. Nous nous sommes mutuellement séduits, nous nous sommes aimés. Vraiment aimés. " Comme les enfants qui s'aiment, simplement savent aimer... aimer..." Autant qu'il est possible de s'aimer (Mon cœur se serre de devoir écrire cela à l'imparfait.)

Et puis....

Et puis plus rien que la désolation de voir une belle histoire d'amour et de soumission s'envoler aux quatre vents et disparaître.

Je me suis donnée à toi comme je ne m'étais donnée à aucun autre, t'ouvrant grand mon corps, mon cœur et ma tête et pourtant j'avais l'impression de te donner si peu face à ce que toi tu m'apportais. Tu étais Le Maître. Tu étais L'Amant. Tu étais l'unique. J'étais ta soumise. Et j'étais heureuse. Si pleinement, si complètement, si parfaitement heureuse. Si simplement heureuse. Tu comblais par ta présence à la fois attentionnée et exigeante, tous mes désirs même ceux que je croyais totalement inaccessibles et déraisonnables. Mon désir d'amour. Mon désir d'appartenance. Et tu m'as rendue forte. Sûre de ce que je voulais. Bien dans ma vie. Bien dans ma tête. Enfin apaisée de ces pulsions inassouvies qui me tourmentaient. Et j'ai oublié mes craintes et mes angoisses. Il suffisait que je pense à toi pour que mon corps vibre à l'unisson du tien. Incapable de te refuser quoi que ce soit. Tu m'as possédée plus qu'aucun autre avant toi ne m'a possédée. J'ai senti mon ventre se serrer d'émotion et tout mon être vibrer quand tu me murmurais que tu m'aimais, que c'était avec moi que tu voulais vivre. Tu m'as faite plier devant tes exigences même les plus dures, les plus humiliantes. Tu as marqué mon corps de tes traces. Traces écarlates de la cravache et du martinet dont je ressens encore la brûlure. Ces traces que je chérissais et que je me désolais de voir disparaître si vite. J'ai encore, et je crois que je l'ai encore pour longtemps, sur le haut de ma cuisse gauche, la marque circulaire de cette cigarette que pour t'obéir j'y ai un jour posée. Douleur imposée qui me faisais tienne. Je ressens encore l'exaltation folle de t'obéir cet après-midi là où malgré les 300 km qui nous séparaient, tu m'investissais de ta présence. Je pense à cette autre marque que tu voulais, à l'instar d'un animal qu'on marque, apposer sur ma hanche et qui aurait été le symbole indélébile de notre union et de mon appartenance. Cette marque ultime dont nous avions déjà convenu du dessin, qu'il était prévu que tu me donnes cet automne et qui ne sera jamais. Comme toutes ces choses dont tu tenais si soigneusement la liste...

Oui j'étais folle. Folle de toi. Folle de nous. Folle de toutes ces promesses à venir. Folle de ce que nous pouvions vivre ensemble. Heureuse de cette folie qui chaque jour qui passait m'émerveillait et m'émouvait. Et tellement confiante. Je te croyais Alain.

Tu étais mon rêve devenu réalité.

Avec toi je n'ai jamais joué à celle que je n'étais pas, ni cherché à me fabriquer une fausse image. Je me suis livrée à toi telle que j'étais ne te cachant rien de moi et j'ai laissé tomber tous les masques. Je voulais être transparente à tes yeux pour mieux me fondre en toi. Pour mieux t'appartenir et être à toi, ta chose, ta propriété, ton animal. Ce que tu voulais que je sois. Ce que tu voulais que je devienne.

Je voulais te donner tout de moi à toi qui voulais tout de moi.

Aussi, le jour où tu m'as demandé de te faire cette promesse qui me liait à toi autant qu'elle te liait à moi (du moins je le croyais), je te l'ai faite sans une hésitation. C'était le gage de mon engagement vis-à-vis de toi. Ce qu'il y a d'extraordinaire est que tu aies pu penser qu'il te suffisait de m'en délier pour faire en sorte qu'elle n'existe plus et me redonner ma liberté. C'est bien mal me connaître, mon amour. "Promettre c'est promettre, reprendre c'est trahir"!

Est-ce que j'ai, à toute force et contre toute raison, voulu croire à une illusion? Peut-être. Avec le recul, je me dis que dès le début j'aurais dû savoir que toi et moi ça ne marcherait pas. Qu'une telle harmonie n'était pas faite pour durer. C'était trop fort. Trop rapide. Trop beau. Mais je me suis laissée bercer par tes mots ne voulant voir de toi que ce que je voulais voir, ne voulant entendre que ce que je voulais entendre. Voulant, de toutes mes forces, te croire et ne pas écouter les vieux démons qui me disaient de me méfier.

Et toi que voyais-tu en moi? Qu'est-ce que j'ai été pour toi au cours de ces 9 mois? Je ne le sais plus vraiment. J'ai l'impression aujourd'hui que ce que tu as aimé à travers moi c'est moins la femme que j'étais que le fantasme qui t'habitait. Dès le début, je me rappelle, tu m'as avoué avoir été troublé par les ressemblances qui existaient entre ce que je représentais et Olenka, une de tes héroïnes, même première impression d'inaccessibilité, même morphologie physique, mêmes aspirations à la soumission, même tempérament passionné et amoureux, jusqu'à ce tatouage d'une salamandre  que j'ai sur l'épaule qui est aussi le prénom d'un de tes personnages. Etranges coïncidences qui t'ont fait délirer.

Tu te rends compte, un fantasme qui prenait soudainement vie! Qui était à ta portée! Quelle aubaine! Un fantasme qui t'a comblé le temps de la conquête et jusqu'à ce que mes réticences, mes doutes, le fissurent en laissant, sans doute, trop apparaître derrière celui-ci la femme que j'étais avec tout ce que cela implique de réalité et de contrainte.
Je n'étais plus une invention de ton esprit, un objet que tu pouvais manipuler à ta guise comme tu le fais avec tes personnage que tu plies aux pires des humiliations, mais une véritable personne avec des aspirations qui n'étaient obligatoirement exactement les mêmes que les tiennes. Une femme qui, bien que t'étant soumise, pouvait malgré tout s'opposer à toi, te dire ce qu'elle elle désirait. Une femme qui, bien qu'étant résolue avec ton aide à les dépasser, avait malgré tout des limites et des craintes.

C'est peut-être là que réside notre plus grand déphasage en fin de compte. Toi tu étais dans l'imaginaire, dans le jeu comme tu me l'as si souvent dit pour me faire accepter ce qui me semblait à priori inacceptable, moi j'ai toujours été dans le réel. C'est de mon corps bien vivant qu'il s'agissait. De moi bien réelle. Mais de cela nous ne nous en sommes pas rendus compte tout de suite.

N'ai-je donc été que cela pour toi? Un simple personnage de roman qu'on oublie après lecture. Une femme de papier en quelque sorte. "Tu me lis, tu me plies et je crie" pour paraphraser les paroles d'une chanson de mon ami Léo.

Et comme pour tes histoires pour lesquelles tu te passionnes quand elles sont en cours d'écriture mais dont tu te désintéresses aussi rapidement, quitte à bâcler leur fin, voire à tuer ou faire disparaître tes héros, pour plus vite passer à la suivante, tu m'as, passé l'attrait naturel des débuts lié à la découverte et à la conquête,  repoussée hors de ton cœur et de ta vie. Et ton amour a disparu comme il était né. Aussi rapidement. Sans que rien ne vienne vraiment l'expliquer et encore moins m'y préparer. Comme si tu avais soudain épuisé avec moi toute ta capacité d'attention. Comme si, à l'instar d'Alex Cordal, tu te réveillais d'un rêve et reprenais le cours de ta vie un moment interrompu.

Pas grand chose en fin de compte. Je dois faire avec ça. Avec cette inconsistance qu'a été en définitive ton amour pour moi tel une fumée vite dissoute par le vent. Assez décevant pour moi qui croyais avoir trouvé en toi un véritable Maître et me retrouve face à un homme qui ne sait même pas ce qu'il veut vraiment et incapable de s'engager durablement.

Bien sûr, tu y croyais. Bien sûr, tu ne m'as pas menti. Loin de moi, l'idée de remettre en cause ta sincérité. Vraiment on ne se gardera jamais assez de la sincérité! Mais ta sincérité est changeante. C'est à toi que tu t'es menti finalement. Ce qui est peut-être encore plus grave.
Moi, je dois faire avec cela aussi. Cette déception de m'être trompée. Et surtout avec cette sensation que tu as trahi la confiance que j'avais en toi.

Toi qui parles avec tant de facilité et d'emphase de ta responsabilité de Maître vis à vis de moi, ta soumise, ne penses-tu pas que c'est là, avant même que notre histoire ne commence vraiment, qu'elle aurait dû prendre toute sa mesure en t'empêchant de t'engager à la légère sur une voie dont tu n'étais finalement pas absolument sûr? Ou du moins simplement t'interroger sur la portée de ton engagement, sa profondeur, sa solidité? Ce qu'il impliquait? On ne peut tout prévoir bien sûr, mais à nos âges on sait ce dont on est capable ou non. Et si on ne le sait pas, cela signifie seulement qu'on est quelqu'un de non fiable.

Cette honnêteté, car il s'agit bien de cela d'honnêteté, par rapport à soi et par rapport à l'autre est importante dans toute relation amoureuse quelle qu'elle soit mais, je crois, l'est encore davantage dans une relation comme la nôtre qui met en jeu ce que nous avons de plus intime et qui touche aux ressorts les plus fragiles et les plus profonds de notre personnalité. Qui suppose un abandon total et sans concession. S'engager dans une telle relation n'est pas, ne doit pas être une décision anodine que l'on prend à l'aveuglette. Il y a trop d'enjeux en cause. Et il ne suffit pas de dire que les conséquences peuvent être dramatiques pour se trouver dédouaner de sa responsabilité. Tu m'as dépossédée de moi Alain et aujourd'hui je me retrouve sans rien.

Alors, je pense à Annie aussi. A ce qu'elle aussi a dû endurer. Pour quoi, en fin de compte? Pas grand chose, il faut bien l'avouer. Elle aurait pu, tout autant, rester dans l'ignorance. Je suis tellement désolée pour elle. Je pense à Alexandre qui aujourd'hui me regarde et se désole de me voir à terre. Je pense à notre inconscience et nous n'avons aucune excuse, même pas celle de la durée.

Ne crois pas que je t'en veuille de quoi que ce soit. Simplement, dès le début, je m'en rends compte aujourd'hui, nous nous sommes fourvoyés, sans nous en rendre compte, aveuglés par notre désir de vivre quelque chose de différent, par nos rêves et nos fantasmes, nos frustrations, dans des voies différentes. Le réveil a été aussi brutal que soudain. Nous en sommes autant responsables l'un que l'autre. Moi plus que toi peut-être de m'être laissée entraîner.
Alors oui, il me semble avoir pleuré toutes les larmes de mon corps. Alors oui, j'ai eu l'impression à écouter tes mots terribles de sentir mon cœur s'arrêter de battre. Alors oui, ces derniers jours n'ont été qu'un long cri de souffrance. Alors oui, la bourrasque a failli m'emporter et me mettre en pièces. Mais ne t'inquiète pas. Je m'en remettrai. On se remet de tout. Il suffit, cela aussi je le sais aujourd'hui, de laisser le temps faire son œuvre. Avec les années, même si on n'oublie pas (on n'oublie jamais rien) la souffrance s'amenuise et devient un souvenir.

Il suffit de laisser passer le temps et de continuer à vivre.

On dit que ce qui ne tue pas rend plus fort. Finalement les lieux communs les plus éculés ne sont pas si cons. Je me rends compte que je suis aujourd'hui beaucoup plus forte qu'il y a 4 ans et, s'il y a une chose de sûre, c'est que tu ne m'abattras pas Alain comme un autre avant toi l'a fait. Personne ne mérite qu'on s'arrête de vivre pour lui. Il y aura d'autres rencontres. D'autres émotions. D'autres émerveillements. La vie est pleine d'étonnements fascinants. D'autres tristesses aussi. Mais qu'importe. L'important est d'être vivant et de ne rien regretter. Ne pas se dire qu'on a laissé passer sa chance. J'ai pour moi, la foi en l'avenir. Tu sais cette foi qui peut soulever des montagnes. J'ai foi en l'autre. J'ai foi en la parole donnée. J'ai foi en la vie qui est un éternel recommencement. C'est cette foi que ni toi, ni personne ne peut entamer qui me permet de rester droite.

Finalement, je crois que ce commentateur n'avait vraiment pas tort en disant que par rapport à moi tu es quelqu'un de faible. Car en moi je sens une force phénoménale. Tu auras au moins servi à ça. A me faire prendre de nouveau conscience de la force de mon appétit de vivre et de mes désirs qui ne pourront jamais se satisfaire d'à peu près et d'approximation.

Alain pour Christine n'a été finalement qu'un épiphénomène. Tu sais comme ces volcans qui, lorsqu'ils se déchaînent et dévastent tout sur leur passage, laissent à penser que c'est la fin du monde qui arrive. En réalité, la plus terrible puissance se terre et prend sa source dans les entrailles de la terre. Je me demande si tu as eu seulement conscience de cette puissance inépuisable qui est en moi qui se nourrit de mes rêves et de mes espoirs. De mes convictions aussi. J'aurais pu te donner tellement mon amour. Je t'aimais tant, je t'aime tant. Inutile de parler à l'imparfait, ce sentiment est encore là bien chevillé en moi et le restera, je le sais, toujours (j'emploie à dessein ce mot). Je n'ai jamais été et ne serait jamais du genre girouette dont les sentiments évoluent en fonction du vent qui souffle.  Et j'étais à toi, totalement à toi, prête à te suivre où tu voulais. Il t'aurait juste suffi, si tu avais été capable de plus de constance, d'un peu de patience et d'écoute véritable pour nous faire atteindre ces sommets que tu m'avais promis. Il t'aurait suffi de me tenir la main et de ne pas me lâcher.
Je repense à la semaine dernière. A ces presque deux jours que nous avons passé ensemble. Je ne reviens pas sur tout ce que je t'ai dit. Cela était vrai et l'est encore aujourd'hui. Je m'en sentais capable. Vraiment. Mais il y a eu mercredi matin où, par ton attitude, tu as fait voler en éclat toutes mes résolutions. Où tu m'as impitoyablement broyé le coeur. Vois-tu que tu ne m'aimes plus, je peux à la limite le comprendre et m'en accomoder. On ne peut commander à ses sentiments. Par contre ce que je ne peux supporter ni de toi, ni de personne c'est le manque de respect et le mépris. Parce que quoique j'ai pu faire, je suis digne de respect. Je crois sincèrement que dans une relation Maître/soumise cette notion de respect qui suppose écoute et compréhension, est peut-être encore plus importante que la notion d'amour. Ce que je regrette c'est que tu n'aies pas compris quelle était mon attente ce matin là. Que tu n'aies pas compris ma faiblesse. Que tu n'aies pas compris que j'avais besoin de toi pour me donner la force de continuer. Que tu n'aies pas compris que j'avais, par dessus tout, besoin de ton affection à défaut de ton amour. Que tu n'aies pas compris que j'étais terrifiée et perdue.
Tu as été odieux ce matin là. Et tu m'as laissée partir avec cette blessure. Alors, il y a eu mercredi après-midi où j'ai fait la seule chose que je sais faire en pareil cas.

Aujourd'hui, je me dis que tu ne pouvais ignorer tout cela. Que ce n'est pas possible. Et que finalement ta conduite a été motivée par ta volonté de me détacher de toi. On se raccroche à ce qu'on peut!

Me revient en mémoire, un de tes mails dans lequel tu avais repris une des phrases de mes carnets en me disant que tu aurais pu tout aussi bien l'écrire. Il s'agissait de cette phrase où je m'adressais à Alexandre: "...J'aurais dû essayer de te parler alors. Je n'ai pas su trouver les mots..." Simplement, t'adressant toi à Annie, tu as changé le "j'aurais dû" par "j'ai essayé de" et le "je n'ai pas su trouver" par "tu n'as pas compris" et ça, tu en conviendras, ça change totalement le sens de la phrase et sa perspective! Ce n'est plus toi qui est responsable de l'incompréhension. C'est tellement plus facile.

Peut-être, que certains soirs, quand tu seras devant ton clavier à inventer tes histoires, tu songeras à cette histoire bien réelle qui s'offrait à nous qui aurait pu être merveilleuse (nous avions tous les ingrédients en main pour qu'elle le soit) et dont tu ne veux plus. Peut-être alors en auras-tu le regret. Peut-être...

Nous reverrons-nous? Je crois qu'il est trop tôt pour le dire. Sans doute oui. Après tout pourquoi pas? Aurons-nous quelque chose à nous dire. Ça c'est une autre question... Mais pour l'instant, je crois que nous avons surtout besoin de laisser passer un peu de temps.

Pour l'heure, je te quitte en te disant une dernière fois que je t'aime mon Maître et que je reste tienne malgré tout.

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dimanche 1 octobre 2006

Est-ce aimer

Bashung_Est_ce_aimer
(Cliquer pour écouter l'extrait)

Est-ce aimer

S'il suffisait de partir
Comme un voleur à la tire
Rejoindre là-bas
Les troupeaux de regrets
S'il suffisait de s'offrir
Au premier volcan venu
Est-ce aimer
Est-ce aimer
Est-ce une escale en mer Egée
Est-ce un essaim d'abeilles au réveil
S'il suffisait d'orner la douleur
D'une plage de silence
J'ai pas su faire
J'ai pas suffi
Là où la rouille n'a que faire de la mélancolie

Toi aussi tu te noieras
Dans ce désert imbuvable
toi aussi tu te perdras
dans de beau draps
S'il suffisait de se refaire une beauté
Pour retrouver grâce à tes yeux
S'il suffisait de se défaire
S'il suffisait de disparaître

Est-ce aimer
Est-ce aimer
Est-ce aimer
Est-ce aimer

S'il suffisait d'abolir les écorchures
La peine qu'on se donne pour unir une à une
Où triomphent les ruines
Toi aussi tu trembleras
Sous la canicule
Varans, sauriens n'en savent rien

Est-ce aimer
Est-ce aimer
est-ce aimer
est-ce aimer

Est-ce une escale
En mer Egée
Est-ce un essaim d'abeilles
Au réveil

S'il suffisait de croire
Les dessous des balançoires

Alain Bashung - L'imprudence

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vendredi 29 septembre 2006

A toi seul j'appartiens

Apres_midi_particulier

A toi seul j'appartiens
Devant qui j'ai baissé les armes
Sans pour autant être vaincue
Et ai abdiqué toute volonté
Retrouvant ainsi ma liberté

A toi seul j'appartiens
Qui a su me défaire de mes liens
Pour mieux me posséder
Sans qui je ne suis plus rien
Qu'un coeur et un corps tourmentés

A toi seul j'appartiens
Qui m'a fait oublier d'où je viens
Pour mieux me montrer le chemin
Ne me laissant d'autre choix que te suivre
Sauf à me perdre et partir à la dérive

A toi seul j'appartiens
A qui je me suis donnée toute entière
Et suis ta soumise
Heureuse de le dire
Heureuse de le vivre
Envers et contre tout.

C___A

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mercredi 27 septembre 2006

Le commencement sans fin...

« Nous voici donc à T.Beach, Lol V.Stein et moi. Nous mangeons.
D’autres déroulements auraient pu se produire, d’autres révolutions, entre d’autres gens à notre place, avec d’autres noms, des autres durées auraient pu avoir lieu, plus longues ou plus courtes, d’autres histoires d’oubli, de chute verticale dans l’oubli, d’accès foudroyants à d’autres mémoires , d’autres nuits longues, d’amour sans fin, que sais-je ?
Ça ne m’intéresse pas, c’est Lol qui a raison.
Lol mange, elle se nourrit.
Je nie la fin qui va venir probablement nous séparer, sa facilité, sa simplicité désolante, car du moment que je la nie, celle-là, j’accepte l’autre, celle qui est à inventer, que je ne connais pas, que personne n’a encore inventée : la fin sans fin, le commencement sans fin de Lol V.Stein. »

Marguerire DURAS Le ravissement de Lol V.Stein

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dimanche 24 septembre 2006

Réflexions (suite 2)

Je reviens sur ce que j'ai dit hier quand j'ai écrit que tu voulais peut-être en agissant comme tu le fais m'éloigner de toi.
En y réfléchissant, je me suis dit que cela n'allait pas avec ce que tu es ou alors cela reviendrait à douter de ta sincérité. Et s'il y a une chose dont je suis certaine c'est que tu ne m'as jamais menti (comme je ne t'ai jamais menti d'ailleurs).

Alors j'ai fait le parallèle avec ce qui m'unit si fort à toi, cette dépendance vis à vis de toi que j'éprouve à chaque instant à en devenir douloureuse quand tu n'es pas là. Ce besoin incoercible de te voir, te parler, te toucher, te lécher, te sentir, te renifler qui me tend vers toi et me fais tienne. Et qui surtout, quand nous sommes éloignés, génère en moi cette sensation de manque.
Si moi j'éprouve cela, qu'en est-il de toi? Pourquoi n'éprouverais-tu pas, de la même façon ce même besoin, ce même manque? Une contre-dépendance en quelque sorte qui est le corollaire inévitable de ma propre dépendance à ton égard.
Mais si pour moi, cela va de soi (normal pour une soumise d'être en attente de son maître!) beaucoup plus dur à admettre pour toi car cela reviendrait à admettre une certaine forme d'apparente faiblesse. J'insiste sur ce terme d'apparente car pour moi cette mutuelle dépendance est en fait la concrétisation et l'aboutissement inévitable du lien qui nous unit. Et ce lien est très fort. Si nous n'étions pas aussi inter-dépendant l'un de l'autre cela reviendrait à dire que ce que nous vivons n'est qu'un simulacre et un simple jeu qui ne nous engage, ni nous implique vraiment.

Je me dis que c'est néanmoins quelque chose que tu ne veux, ni ne peux admettre si toutefois tu veux bien te l'avouer (quant à me l'avouer, je n'y songe même pas!). Alors, pour combattre ce sentiment qui te donne la sensation de déchoir de ta stature de Maître tout puissant et de perdre un peu le contrôle de la situation en me mettant, moi, en position de force par rapport à toi tout en me concédant un certain pouvoir sur toi, tu es dans l'obligation de te durcir à en devenir méprisant, de taire ton amour jusqu'à frôler l'indifférence, de me refuser les gestes tendres que je réclame.
Un Maître se doit d'être dur. Un Maître se doit d'être intransigeant. Un Maître se doit de dominer en toute circonstance la situation. Un Maître, en aucun cas, ne peut se permettre la moindre faiblesse. Un Maître se doit d'être fort. Et ainsi, tu te persuades (à tort) me posséder davantage en me déniant toute autre alternative que celle de me soumettre et t'obéir. Et, en prime, tu exiges que je sois heureuse et épanouie!
Vu sous cette optique, effectivement, tu ne me mens pas quand tu me demandes de croire que quoique que tu dises ou fasses, quoique tu exiges que j'accepte, tu ne m'en aimes pas moins. Je peux comprendre cela. Mais voilà... le tout n'est pas seulement de le comprendre!

Si, dans une relation D/s, il y a un principe acquis qui est que celui qui domine (toi) à tous les droits (ou quasiment) sur celle qui lui est soumise (moi). Le droit de me dire je t'aime ou de ne pas le dire, le droit de m'étreindre tendrement ou pas, le droit de me fouetter ou pas, le droit d'être présent ou pas, le droit de me rendre heureuse et celui de me faire pleurer. Si il est tout aussi indéniable qu'il existe donc entre nous une inégalité de fait voulue par toi et acceptée (plus ou moins facilement, j'en conviens) par moi, est-ce pour autant que tu peux faire ce que tu veux, comme toi tu le veux sans tenir compte de mes ressentis, jusqu'à exiger de moi que je sois heureuse malgré tout, ce qui signifierait au final que tu n'as que des droits et aucun devoir à mon égard et finalement aucune responsabilité quant à mon devenir avec (ou sans) toi.
Je ne le pense pas. Et je sais que tu ne le penses pas non plus.

Je me dis que toute relation, et d'autant plus encore une relation comme la nôtre, doit, pour qu'elle perdure et s'épanouisse, être avant tout fondée sur un respect réciproque. Et le respect passe, entre autres choses, par le re-connaissance de l'autre c'est-à-dire ne pas être uniquement centré sur son propre ego.
Alors oui, mon amour, on peut atteindre les sommets que tu m'as promis.

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samedi 23 septembre 2006

Réflexions (suite)

Pourquoi cette certitude latente (et totalement irrationnelle) qui m'a tenue éveillée quasiment toute la nuit, que nous vivions nos derniers jours ensemble?

Je viens de relire ce que j'ai écrit cette nuit. Un moment, la tentation de tout effacer. Et puis... non!

Je me sens si mal, mon amour, si malheureuse. Sentiment de perte irrémédiable. De gâchis. Toujours la même histoire qui se répète sans fin. Toujours les mêmes désillusions. Et je me sens perdre pieds et sombrer. Une fois de plus. Une fois de trop.

Nous quitter! Tu te rends compte! Alors que chaque fibre de mon corps est attaché à toi.

Pourtant tu ne m'as rien dit qui puisse me conduire à cette conclusion. Cela ne vient pas de toi, mon amour. Non cela vient de moi. C'est moi qui m'éloigne en dépit de la souffrance que cela fait naître. Tout ça pour quelques mots, une attitude. Une évolution dans laquelle je me sens incapable de te suivre quelques efforts que je puisse faire.
Parce que cela reviendrait pour moi à nier le fondement même de ce qui me lie à toi qui est mon Maître ET mon amant (Tu te rappelles... ma recherche de l'homme idéal qui t'a si fortement tentée...).
Parce que cela reviendrait à m'amputer d'une partie de ce que je suis et que je veux te donner aussi.
Parce que je ne peux pas être une moitié de femme. Ni une moitié de soumise d'ailleurs!
Parce que j'ai besoin que tu m'insuffles ta force de Maître et d'amant.
Parce que moi je n'ai pas, plus, cette force.
Parce que moi je suis à toi entièrement.
Parce que je t'aime toi Alain pour tout ce que tu es et pas seulement le Maître.
Parce que une relation même telle que la notre basée sur un rapport de Domination/soumission se bâtit à deux.
Parce que ta position de Maître ne te donne pas tous les droits, certainement pas celui de changer unilatéralement les règles du jeu quand bon te chante sans tenir aucun compte de mon ressenti et de mes attentes.
Parce que si moi en tant que soumise je me dois de t'obéir, cela ne signifie pas que tu n'aies pas, de ton côté, des devoirs vis-à-vis de moi dont le plus élémentaire est celui de m'écouter.
Parce que si tu veux que je m'abandonne encore plus comme j'en ai si fort le désir et comme, tu le sais bien, faisant fi de mes réticences j'ai commencé à le faire, j'ai besoin, pour puiser en moi la force nécessaire, d'être persuadée que tu m'aimes.
Parce que l'amour, quoi qu'on en dise, a besoin de preuve et que les mots, même s'ils sont nécessaire, ne suffisent pas.
Parce que être soumise ne signifie pas tout accepter.
Parce que si tu ne comprends pas cela, alors il n'y a pas d'avenir possible pour nous.

Dans 10 jours (10 jours c'est si long) nous devons nous voir. Alexandre, à midi, devant ma mine défaite et mes yeux bouffis de larmes, m'a demandé si c'était une bonne idée de te revoir.  Il s'inquiète sur ma réaction après. Je le comprends, lui qui m'a déjà ramassée alors que j'étais en miette. Je comprends qu'il ne veuille plus revivre cela. Et moi non plus je ne veux pas lui faire revivre ça. Il ne le mérite pas et je n'en ai pas le droit.

Peut-être a-t-il raison. Et sans doute je l'écouterai si j'étais raisonnable. Mais voilà.... je ne le suis pas! En tout cas pas quand il s'agit de toi.

Parce que la seule idée de devoir me défaire de toi m'anéantit.

A_ma_place_Bauer_Zazie
(Cliquer pour écouter l'extrait)

Posté par Christine_C à 16:03 - A celui qui fut mon Maître et amant - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Réfexions

Un jour, il n'y a pas si longtemps (c'était le 14 mars) tu as modifié les règles dont nous étions convenus et tu m'as demandé de te faire une promesse. Ce jour là, je n'ai pas eu besoin de réfléchir pour savoir que bien sûr il ne pouvait en être autrement. C'était tellement évident pour moi tant ce que je ressentais pour toi était fort. Tant j'étais certaine de ta sincérité et de ton amour. Tant j'étais certaine d'avoir enfin trouvé l'homme que j'espérais depuis si longtemps.

C'était il y a seulement 6 mois. Six mois qui m'ont semblé durer une éternité tellement ils ont été remplis de ta présence. Chaque jour était pour moi un émerveillement qui m'emmenait toujours plus haut. Je me sentais revivre, être bien. A l'abri de ton amour à la fois si possessif et si tendre. Tu me faisais découvrir des horizons qui m'étaient restés cachés jusqu'à toi. C'était si bien. Peu à peu j'ai senti mes inquiétudes refluer en moi, s'évanouir lentement, devenir enfin des souvenirs. Les mois passaient, tu étais toujours là. Autour de moi. En moi. Et je t'aimais. Et tu m'aimais.

Et puis, peu à peu les choses ont changé. Non, peu à peu tu as changé. Tu as évolué comme tu dis. Qu'est-ce qui a motivé cette évolution, je n'en sais rien. Mais pour moi cela consiste davantage à une régression.

Rappelle-toi, mon amour, au début, il y avait toi, Alain, l'amant tendre et attentionné et il y avait Mister Chacal, le maître intransigeant incapable de la moindre émotion. Tu étais ces deux personnages, tour à tour. Mais souviens-toi ce que je t'ai dit alors. Si tu n'avais été que Mister Chacal jamais je ne t'aurais aimé. C'est l'amant qui m'a séduite ouvrant la voie au Maître qui alors et alors seulement a pu me soumettre.

Après ce fameux 14 mars, tu as expulsé Mister Chacal de notre vie voulant jouer entièrement et pleinement ton rôle de Maître et d'amant vis à vis de moi. Il n'y avait plus que toi et moi. Et ce que nous avons vécu ensemble a été magnifique. Bien sûr, j'ai eu des moments d'hésitation, des moments de doute quand le Maître en toi exigeait toujours plus de moi et m'entraînait toujours plus loin dans la soumission. Mais toujours l'amant était là pour me rassurer et me montrer combien étaient futiles mes craintes. Et je te suivais confiante. Heureuse de te satisfaire. Incapable de te refuser quoi que ce soit.

Mais l'amant a peu à peu disparu. Je sais ce que tu m'as dit. Que cela ne signifiait pas pour autant que tu m'aimais moins. Je sais. J'ai essayé de m'en convaincre. Mais je n'y arrive pas mon amour. Parce que j'ai besoin de toi tout entier.

Aujourd'hui, une nouvelle fois, tu es en train, insidieusement, de changer les règles du jeu. Mais là je n'arrive pas te suivre et cela me brise  le cœur. En agissant comme tu le fais, tu te comportes en fait, je sais que tu n'aimes pas que je dise cela mais c'est ça que je ressens, comme tous ces mecs qui ont croisés ma vie. Pire qu'eux parce qu'eux au moins ne m'ont jamais fait croire qu'ils m'aimaient pour ce que j'étais. Je savais au moins à quoi m'attendre ou à ne pas m'attendre (c'est en fait la même chose) même si ce n'était pas vraiment satisfaisant. Aujourd'hui, j'ai la sensation de me retrouver dans la même situation qu'avec eux. Obligée à simuler quelque chose que je ne ressens plus vraiment. A faire semblant d'y croire encore.

Mon amour, tu pouvais tout, tu pouvais, tu peux tout avoir de moi mais bientôt si tu continues comme tu le fais, tu n'auras plus rien. Tu es en train de tout gâcher et pour moi c'est insupportable. Tout ça pour je ne sais quelle raison. Même toi, si j'en crois ce que tu m'écris et pourquoi en douterai-je, tu n'en sais rien tout en étant conscient que cela peut être destructeur pour nous. .

C'est peut-être ce que tu veux finalement. Me détacher de toi. Faire en sorte que je te "dés-aime". Tu me connais si bien. Tu sais tellement ce que je ressens et comment je réagis puisque je me suis tant livrée à toi, tu ne peux donc ignorer cela.

Posté par Christine_C à 02:14 - A celui qui fut mon Maître et amant - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 15 août 2006

Ce que je dis

Ce que je dis
C'est mon besoin d'être à toi et de t'appartenir
Et te donner tout ce que je suis

Ce que je ne dis pas
C'est ma peur de rester en arrière
Et que tu oublies qui je suis

Ce que je dis
C'est mon désir d'être avec toi
Le besoin de tes bras autour de moi

Ce que je ne dis pas
C'est ma peur que tu ne reviennes pas

Ce que je dis
C'est mon besoin de tout partager avec toi
En toute complicité

Ce que je ne dis pas
C'est mon besoin d'être choyée
Etre l'objet de ta tendresse et de tes caresses

Ce que je dis 
c'est mon besoin que tu prêtes attention
A toutes mes émotions

Ce que je ne dis pas
C'est ma peur que tu ne le comprennes pas

Ce que je dis
c'est mon besoin d'être à toi toute entière

Ce que je te dis
C'est mon amour

Posté par Christine_C à 17:27 - A celui qui fut mon Maître et amant - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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